Comme des images, Clémentine Beauvais

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Comme des images, Clémentine Beauvais. Ed. Sarbacane (2014).

Résumé: Un lieu unique et prestigieux, le lycée Henri IV à Paris. Tim scolarisé dans cet établissement, éconduit et effondré, va envoyer avec l’aide de certains de ses camarades, une vidéo compromettante de son ex petite amie, Léopoldine, à toutes les personnes du lycée… élèves, parents, professeurs.

Ce que j’en pense: Je l’ai acheté suite aux nombreuses critiques positives que l’on trouve sur la blogosphère. Ma curiosité fut piquée au vif. Je ne regrette absolument pas mon achat, puisque je qualifierais ce roman de coup de cœur.

Un grand bravo à Clémentine Beauvais, qui, en 200 pages nous dresse un résumé très pertinent sur beaucoup de problématiques adolescentes. Sur un fond de cyber- criminalité, d’autres sujets sous-jacents et tout aussi sérieux sont abordés de manière juste et concise. En effet, on retrouve les thèmes de l’amour, du premier amour, de la première fois, de la recherche identitaire, d’homosexualité, de la pression de la réussite scolaire, des troubles alimentaires, du suicide…

Les portraits des personnages sont criants de réalisme, on a tous connu dans nos classes de lycée, la fille populaire un peu manipulatrice, la copine « Kleenex » comme elle est appelée dans ce livre, la « sans- amie », le beau garçon…

Il est à noter, que, au lycée Henri IV comme ailleurs, les problèmes des ados se ressemblent.

Tout ceci, avec une pointe de fascination qui en rajoute au plaisir de lire. En effet, on retrouve des thèmes comme la gémellité, ou bien le prestigieux lycée qui est décrit historiquement, architecturalement, avec quelques anecdotes comme les noms de certains personnages qui ont arpentés les couloirs de l’établissement. Le dosage est très bien fait, on ne croule pas sous les références culturelles, mais, elles sont bel et bien là, agréables, sans gâcher l’histoire.

Vous l’avez compris, je le recommande vivement!

Néanmoins, une petite chose me chagrine. Au milieu de tout ce mal- être adolescent, qui plus est en milieu scolaire, je déplore que l’infirmière scolaire, qui est le premier interlocuteur de tout cela, ne soit pas plus représentée. De plus, quand elle l’est, c’est très caricatural! Je cite page 70 et 71:

C’est une femme saine et solide comme toute infirmière doit l’être, les cheveux et les ongles courts, les chevilles et les poignets épais, qui fait et défait le lit comme si on était à la guerre: déroulage du papier- tissu, asseyez- vous, tirez la langue, c’est bon, descendez, découpage du papier en suivant les pointillés, une boule dans la poubelle qu’elle enfonce d’un coup de poing, voici votre petit mot et votre jus d’orange – vous pouvez retourner en classe. Une Lidocaïne à la rigueur, si on a vraiment mal à la gorge.

[…]

J’ai vu des filles maigres comme des cintres qui faisaient des insuffisances cardiaques […]. J’ai vu des dénis de grossesse, des schizophrénies, des dépressions nerveuses, des tics et des tocs et des hypocondries. Donc franchement, oui, c’est facile à dire pour moi qu’il faut relativiser.

Malgré ce portrait peu flatteur, je persiste à croire que plus aucune de mes collègues n’agit et ne répond comme ça face à la douleur d’une adolescente.

Nous travaillons 44 heures par semaine, dont 39h30 en présence des élèves pour répondre aux maux qui vont du « bobo » aux urgences en passant par les plus grandes souffrances.

Pour être infirmière scolaire, il faut passer 2 concours, un pour entrer à l’école d’infirmière, l’autre pour entrer à l’éducation nationale en plus de valider notre licence. Pour vous dire que, la plupart d’entre nous, sont motivées pour apporter les réponses les plus adaptées aux adolescents.

Alors, en attendant que nos missions soient reconnues, j’espère que les jeunes ne bouderont pas nos infirmeries et continueront à venir comme ils le font, pour les maux de gorge mais aussi pour tout le reste!

Les petits +: Se lit très bien en une soirée. Le roman est ponctué d' »annexes » comme un extrait du règlement intérieur du lycée ou bien une rédaction de la sœur  jumelle de Léopoldine. Lecture rythmée, très agréable.

Pour compléter voici les avis de: Céline dans le tiroir à histoires qui est présentée dans « Les blogs des cop' ».

http://tiroirahistoires.canalblog.com/archives/2014/03/05/29367302.html

Et ceux de Gabriel de la Mare aux mots et de 3 étoiles dont je vais visité les blogs prochainement et qui vont à coup sûr arriver sur « Les blogs des cop' ».

http://lamareauxmots.com/blog/quand-internet-transforme-une-vie-en-cauchemar/

et http://blog.3-etoiles.fr/2014/03/comme-des-images/

Belles découvertes!

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5 réflexions sur “Comme des images, Clémentine Beauvais

  1. Effectivement je n’avais pas relevé la personnalité de l’infirmière mais rassure-toi elles ne sont pas forcément vues comme ça 🙂 Et heureusement que nos professions ne sont pas comme elles sont représentées dans les livres / imagination collective (sinon il va me falloir un chignon et un tailleur d’ici peu!).
    En tout cas je suis contente qu’il t’ait plu autant qu’à moi 🙂

    • Bienvenue Loulitla.
      Effectivement, heureusement que les professions que nous exerçons ne ressemblent pas aux clichés véhiculés, quelle tristesse sinon!
      Quel est ton métier (qui exigerait tailleur et chignon)?

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